S'il est coutume de dire que, dans le monde Electro, le Tango avait son Gotan Project, on peut maintenant affirmer que le Swing-Jazz a son Caravan Palace. Issu en 2005 d'un projet d'un trio parisien (Charles Delaporte, le contrebassiste, Arnaud de Bosredon, le guitariste, et Hugues Payen, violoniste et showman) qui séduisit Zoé Colotis, charismatique diva à la voix et au physique délicieux, Chapi à la clarinette et Aurélien Trigo aux platines, le groupe redonne un coup de jeune ébouriffant et frais au Jazz manouche des années 30, et rend hommage au génie du genre : Django Reinhardt. Après un nombre incalculable de concerts au Café de la Danse à Paris qui les a énormément soutenus (on ne les remerciera jamais assez), ils se sont attribués une solide réputation, un important paquet de fans et surtout un son d'un groove et d'une qualité dingue.
Lookés façons Zazous, les paléo-punks des années 40 (avec le béret et les bretelles s'il vous plait), leur musique jubilatoire et frénétique est un paradoxal Charleston mélodique des années 30, aux allures futuristes et très orienté dancefloor. Le pari était risqué mais le résultat est là : une musique entrainante, boostée par des rythmes endiablés, produits par le DJ, et qui mettra tout le monde d'accord. Tel le joueur de flûte de Hamelin, on ne peut s'empêcher de secouer la tête ou de claquer des doigts (comme ferait votre grand-mère en écoutant TSF Jazz) tout en savourant leur style original, chaleureux et puissant.
La première vidéo, qui les a faits connaitre, "La caravane" symbolise tout à fait cette résurrection musicale qui nous fait douter sur l'ambiance dans laquelle elle nous plonge (nightclub du XXI ème siècle ou café des années d'antan?). Si "la caravane qui t'emmène swinguer sur les bords de Scène" ne vous reste pas dans la tête, allez voir vite un médecin car la surdité vous guette.
Le premier clip officiel "Jolies Coquines" caractérise bien l'humeur joviale et décalée de cet album, dans lequel violon, contrebasse, clarinette, guitares s’accordent à merveille aux rythmiques électroniques. Imparable ("Suzy") et foutrement bien arrangé ("Dragons"), ce dernier propose (enfin?) quelque chose de vraiment nouveau, des morceaux qui nous rappellent la nostalgie d'il y a presque 40 ans ("Ended with the Night") et des exercices de style comme on en entend presque jamais!! Aurélien s'amuse à scratcher sur du Charleston ("Oooh"), introduit de bon gros sons Electro ("Je m'amuse") et s'éclate avec le vocoder sur un petit fond valsant ("Starcat"). Mais celui, qui détonne le plus selon moi, est "Bambous" dans lequel il sample des claquettes, et dans lequel Zoe craque un bon coup, communiquant une frénésie dantesque à nos pieds. Oui, votre serviteur a été conquis et ne pas écouter cet album dans son intégralité serait vraiment passer à coté de quelque chose.
Si vous n’êtes pas fan de Jazz et/ou que vous trouvez ça monotone (pour pas dire chiant), cette joyeuse bande, qui redonne vie à des cultures et des sonorités passées, est là pour vous convertir.
mardi 13 janvier 2009
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