Découvrir Saycet est comme trouver une perle dans une huitre : on ne s'y attendait pas vraiment, puis on remercie Madame Chance pour ce cadeau qui met de bonne humeur. Car il est des sons dont jamais on ne se lasse, des musiques qui nous traversent, et dont chaque écoute reste surprenante, et des artistes qui nous imprègnent : Pierre Lefeuvre est de ceux là. Pourtant cet autodidacte parisien, amoureux de la nouvelle école numérique et charmeuse, est le cliché de l'artiste maudit qui a tant peiné pour trouver un label lui accordant sa confiance, malgré la très grande qualité de son Electronica contemplative. Son album autoproduit, acclamé par tous ceux qui l'ont écouté (cad trop peu), est une révélation : sa musique est tout simplement pure. Rien de plus, rien de moins. Pure, je n'ai pas d'autre mot. Les mélodies vous font frissonner et voyager dans l'univers d'un rêve très intime, très doux, dans lequel il n'existe que vous, et le cocon d'émotions qui vous entourent. Les textures ouatées et enveloppantes, les nappes atmosphériques, et les ambiances en même temps enfantines et mélancoliques, contrastées par les petits rythmes cristallins des micro-beats organiques, proches du battement de cœur, vous feront retourner pendant une heure dans le ventre de votre mère et regouter au chaleureux et sécurisant confort de l'insouciance de l'époque. En ressort une face cachée plus tourmentée dans laquelle il est facile, pour lui comme pour nous, de projeter ses démons et lâcher prise sur le réel.
Aussi bien en marge de l'Expérimental posé et ennuyeux que des classiques Electronica-Pop, Saycet réussit le tour de force de mettre les machines au cœur de son dispositif musical et de produire en même temps des morceaux n'étant jamais froids, ni lassants, mais qui, au contraire, et malgré leur originalité, ont quelque chose d' accueillant et de familier, presque universel, parce qu'en prise directe avec nos émotions les plus intimes. Les mélodies valsent, les claviers chantent et les rythmes s'emballent, pris dans un élan d'innocence que leur tension vient parfois perturber.
Pour cet article, il n'y aura pas de vidéo qui vous impose comment vous devez sentir la musique, il n'y aura qu'une image qui ne vous donnera que le ton de l'ambiance étrange et un brin surréaliste qui se dégage de ce titre. En mêlant calme et tempête, sérénité et tourments, "Trilogie" gagne au fil du temps en profondeur et en énergie, grâce à ces assauts électroniques syncopés et palpitants, et nous emmène loin dans son odyssée introspective et onirique...
3 Trilogie - Saycet
envoyé par Dream_Factory_72
Les détraqueurs pourraient l'assimiler à du Board of Canada version française, mais cela serait dommage tant l'univers du jeune homme est singulier ("Chromatic Bird"). La première écoute de son album One Day At Home dévoile une certaine simplicité dans la construction des morceaux ("Don't Cry Little Girl"), mais au fur et à mesure on découvre beaucoup de petits détails et de trouvailles sonores ("Opal"). Cet album nous fait donc rentrer par la petite porte de ses atmosphères tantôt cotonneuses ("Dinaply"), tantôt plus matures ("Dream Factory"), mais cette candeur, toujours contrebalancée par des effets sombres et contrastants, reste toujours présente pour s'enchevêtrer avec la froideur de l'électronique et la chaleur organique de ses ambiances évaporées ("Maud Takes The Train"). La voix qui se fait entendre dans "Cyrconplex", et qui nous sussure des mots rassurants en japonais (avis aux traducteurs), sonne comme un rappel à notre enfance et aux sentiments associés de mélancolie, de joie et de peurs.
Oui, les musiques électroniques peuvent être belles. Quant à moi, je prend mon bâton de pèlerin pour aller prêcher la bonne parole et tout le bien être que cette œuvre (oui s'en est une) m'a procuré...
Note: J'ai écouté la musique tout en écrivant, donc si je pars un peu en freestyle...
lundi 30 mars 2009
mardi 13 janvier 2009
Caravan Palace
S'il est coutume de dire que, dans le monde Electro, le Tango avait son Gotan Project, on peut maintenant affirmer que le Swing-Jazz a son Caravan Palace. Issu en 2005 d'un projet d'un trio parisien (Charles Delaporte, le contrebassiste, Arnaud de Bosredon, le guitariste, et Hugues Payen, violoniste et showman) qui séduisit Zoé Colotis, charismatique diva à la voix et au physique délicieux, Chapi à la clarinette et Aurélien Trigo aux platines, le groupe redonne un coup de jeune ébouriffant et frais au Jazz manouche des années 30, et rend hommage au génie du genre : Django Reinhardt. Après un nombre incalculable de concerts au Café de la Danse à Paris qui les a énormément soutenus (on ne les remerciera jamais assez), ils se sont attribués une solide réputation, un important paquet de fans et surtout un son d'un groove et d'une qualité dingue.
Lookés façons Zazous, les paléo-punks des années 40 (avec le béret et les bretelles s'il vous plait), leur musique jubilatoire et frénétique est un paradoxal Charleston mélodique des années 30, aux allures futuristes et très orienté dancefloor. Le pari était risqué mais le résultat est là : une musique entrainante, boostée par des rythmes endiablés, produits par le DJ, et qui mettra tout le monde d'accord. Tel le joueur de flûte de Hamelin, on ne peut s'empêcher de secouer la tête ou de claquer des doigts (comme ferait votre grand-mère en écoutant TSF Jazz) tout en savourant leur style original, chaleureux et puissant.
La première vidéo, qui les a faits connaitre, "La caravane" symbolise tout à fait cette résurrection musicale qui nous fait douter sur l'ambiance dans laquelle elle nous plonge (nightclub du XXI ème siècle ou café des années d'antan?). Si "la caravane qui t'emmène swinguer sur les bords de Scène" ne vous reste pas dans la tête, allez voir vite un médecin car la surdité vous guette.
Le premier clip officiel "Jolies Coquines" caractérise bien l'humeur joviale et décalée de cet album, dans lequel violon, contrebasse, clarinette, guitares s’accordent à merveille aux rythmiques électroniques. Imparable ("Suzy") et foutrement bien arrangé ("Dragons"), ce dernier propose (enfin?) quelque chose de vraiment nouveau, des morceaux qui nous rappellent la nostalgie d'il y a presque 40 ans ("Ended with the Night") et des exercices de style comme on en entend presque jamais!! Aurélien s'amuse à scratcher sur du Charleston ("Oooh"), introduit de bon gros sons Electro ("Je m'amuse") et s'éclate avec le vocoder sur un petit fond valsant ("Starcat"). Mais celui, qui détonne le plus selon moi, est "Bambous" dans lequel il sample des claquettes, et dans lequel Zoe craque un bon coup, communiquant une frénésie dantesque à nos pieds. Oui, votre serviteur a été conquis et ne pas écouter cet album dans son intégralité serait vraiment passer à coté de quelque chose.
Si vous n’êtes pas fan de Jazz et/ou que vous trouvez ça monotone (pour pas dire chiant), cette joyeuse bande, qui redonne vie à des cultures et des sonorités passées, est là pour vous convertir.
Lookés façons Zazous, les paléo-punks des années 40 (avec le béret et les bretelles s'il vous plait), leur musique jubilatoire et frénétique est un paradoxal Charleston mélodique des années 30, aux allures futuristes et très orienté dancefloor. Le pari était risqué mais le résultat est là : une musique entrainante, boostée par des rythmes endiablés, produits par le DJ, et qui mettra tout le monde d'accord. Tel le joueur de flûte de Hamelin, on ne peut s'empêcher de secouer la tête ou de claquer des doigts (comme ferait votre grand-mère en écoutant TSF Jazz) tout en savourant leur style original, chaleureux et puissant.
La première vidéo, qui les a faits connaitre, "La caravane" symbolise tout à fait cette résurrection musicale qui nous fait douter sur l'ambiance dans laquelle elle nous plonge (nightclub du XXI ème siècle ou café des années d'antan?). Si "la caravane qui t'emmène swinguer sur les bords de Scène" ne vous reste pas dans la tête, allez voir vite un médecin car la surdité vous guette.
Le premier clip officiel "Jolies Coquines" caractérise bien l'humeur joviale et décalée de cet album, dans lequel violon, contrebasse, clarinette, guitares s’accordent à merveille aux rythmiques électroniques. Imparable ("Suzy") et foutrement bien arrangé ("Dragons"), ce dernier propose (enfin?) quelque chose de vraiment nouveau, des morceaux qui nous rappellent la nostalgie d'il y a presque 40 ans ("Ended with the Night") et des exercices de style comme on en entend presque jamais!! Aurélien s'amuse à scratcher sur du Charleston ("Oooh"), introduit de bon gros sons Electro ("Je m'amuse") et s'éclate avec le vocoder sur un petit fond valsant ("Starcat"). Mais celui, qui détonne le plus selon moi, est "Bambous" dans lequel il sample des claquettes, et dans lequel Zoe craque un bon coup, communiquant une frénésie dantesque à nos pieds. Oui, votre serviteur a été conquis et ne pas écouter cet album dans son intégralité serait vraiment passer à coté de quelque chose.
Si vous n’êtes pas fan de Jazz et/ou que vous trouvez ça monotone (pour pas dire chiant), cette joyeuse bande, qui redonne vie à des cultures et des sonorités passées, est là pour vous convertir.
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jeudi 8 janvier 2009
Boys Noize
ATTENTION, rangez tout ce qui est fragile, mettez vos femmes et vos enfants à l'abri : voila du lourd, voila Boys Noize!! De son vrai nom Alexander Ridha, ce monsieur producteur et DJ se fit une place notamment grâce à ses nombreux remix d'excellente qualité pour la plupart, puis fonda son propre label Boys Noize Records. Avec l'aide de DJ Hell et du label francais Kitsune Records, il acquit une belle réputation dans le milieu grâce de nombreuses collaborations avec les pointures du genre, un parcours sans faute jusque là et à son emblème, une boule Disco en forme de crâne. Parallèlement, il mène de nombreux projets sous différents alias : 909 D1SCO (Disco), Morgentau (Minimal), Puzique, Einzeller (en collaboration avec D.I.M.), Eastswest (avec Housemeister).
De plus ce petit bonhomme de 23 ans est originaire d'Hambourg, et les allemands ne sont pas connus pour faire dans la dentelle et dans les couleurs pastelles avec l'électronique. Les synthés se donnent ici à pleine puissance et sont poussés jusqu'à la limite de la saturation pour produire des boucles hypnotiques qui semblent ne jamais vouloir s'arrêter, incitant irrésistiblement à pousser le volume à fond pour faire péter toutes les fenêtres environnantes. Nous avons donc affaire avec de l'Electro-Rock détonant et dévastateur, au son très mécanique et très sale, ne s'écoutant qu'avec un caisson de basse digne de ce nom.
Un de ses remix les plus marquants est certainement celui de "My Moon My Man" de Feist. Dans une version mi-parlée, mi-instrumentée, ce titre très paradoxal mélange la voix douce et chaude de la chanteuse dans une version des plus glaciales de l'Electro... et le tout sonne étrangement bien. Comme si les anges s'étaient mis à chanter avec le diable...
Alors que tout le monde se gargarisait cet été avec des artistes montés en épingle comme Justice ou Digitalism, Boys Noize nous avait sortit son premier album 'Oi Oi Oi' qui proposait quatorze titres explosifs, et dont le premier extrait était "Don’t Believe The Hype". N'y cherchez pas la paix et le repos, vous n'y trouverez qu'une furieuse envie de danser. Le premier titre "& Down", au clip incompréhensible, annonce la couleur éclatée de cet Electro choc (hahaha...), couleur confirmée par "Arcade Robot" ou encore "Oh!". Il est fortement recommandé aux personnes souffrant d'insuffisance cardiaque de bien vouloir vérifier l'état de la pile de leur pacemaker avant de mettre cette bombe sonore dans leur lecteur. Des petits maxy l'ont précédée et certains comme "Feel Good (TV=OFF)", "The Bomb", "My Head" ou "Are You In?" laissaient présager ce que Boys Noize allait devenir (cf Commentaires). Coté reprises, se sont fait remixer divers artistes internationaux tels que Marylin Manson ("Putting Holes in Happiness"), Depeche Mode ("Personal Jesus"), Justice ("Phantom Part.2"), Snoop Dogg ("Sexual Eruption"), et d'autre moins internationaux tels que Apparat ("Arcadia"), Tiga ("Move my Body"), FrankMusic ("When You're Around"), Gonzales ("Workin Together"), Teenage Bad Girl ("Cocotte"). Mais celui qui permit de percer fût "Banquet" de Bloc Party.
Comme le dit si bien Xavier de Justice, "Boys Noize makes the words German, Techno and DJ sound cool again".
De plus ce petit bonhomme de 23 ans est originaire d'Hambourg, et les allemands ne sont pas connus pour faire dans la dentelle et dans les couleurs pastelles avec l'électronique. Les synthés se donnent ici à pleine puissance et sont poussés jusqu'à la limite de la saturation pour produire des boucles hypnotiques qui semblent ne jamais vouloir s'arrêter, incitant irrésistiblement à pousser le volume à fond pour faire péter toutes les fenêtres environnantes. Nous avons donc affaire avec de l'Electro-Rock détonant et dévastateur, au son très mécanique et très sale, ne s'écoutant qu'avec un caisson de basse digne de ce nom.
Un de ses remix les plus marquants est certainement celui de "My Moon My Man" de Feist. Dans une version mi-parlée, mi-instrumentée, ce titre très paradoxal mélange la voix douce et chaude de la chanteuse dans une version des plus glaciales de l'Electro... et le tout sonne étrangement bien. Comme si les anges s'étaient mis à chanter avec le diable...
Alors que tout le monde se gargarisait cet été avec des artistes montés en épingle comme Justice ou Digitalism, Boys Noize nous avait sortit son premier album 'Oi Oi Oi' qui proposait quatorze titres explosifs, et dont le premier extrait était "Don’t Believe The Hype". N'y cherchez pas la paix et le repos, vous n'y trouverez qu'une furieuse envie de danser. Le premier titre "& Down", au clip incompréhensible, annonce la couleur éclatée de cet Electro choc (hahaha...), couleur confirmée par "Arcade Robot" ou encore "Oh!". Il est fortement recommandé aux personnes souffrant d'insuffisance cardiaque de bien vouloir vérifier l'état de la pile de leur pacemaker avant de mettre cette bombe sonore dans leur lecteur. Des petits maxy l'ont précédée et certains comme "Feel Good (TV=OFF)", "The Bomb", "My Head" ou "Are You In?" laissaient présager ce que Boys Noize allait devenir (cf Commentaires). Coté reprises, se sont fait remixer divers artistes internationaux tels que Marylin Manson ("Putting Holes in Happiness"), Depeche Mode ("Personal Jesus"), Justice ("Phantom Part.2"), Snoop Dogg ("Sexual Eruption"), et d'autre moins internationaux tels que Apparat ("Arcadia"), Tiga ("Move my Body"), FrankMusic ("When You're Around"), Gonzales ("Workin Together"), Teenage Bad Girl ("Cocotte"). Mais celui qui permit de percer fût "Banquet" de Bloc Party.
Comme le dit si bien Xavier de Justice, "Boys Noize makes the words German, Techno and DJ sound cool again".
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