lundi 8 septembre 2008

Ez3kiel

Surprenant... un mot qui me vient presque spontanément à l'esprit quand je pense à Ez3kiel. Une musique à la fois brute et raffinée, une identité visuelle baroque et onirique, un univers dans lequel s'immerger est une véritable expérience. Si celle-ci n’est pas des plus confortables, elle mérite d’être vécue. Ici, la facilité n’existe pas. Ez3kiel chahute, heurte, apaise et édifie tout à la fois. Souvent constitué de beauté et de mélancolie, leur paysage est brusquement traversé par diverses et menaçantes météorites sonores. Dub, Electro, Hip-Hop, Rock : ces ingrédients majeurs se voient assembler d’une manière inédite, laissant par instant la part belle aux expérimentations. Leur musique est donc un fabuleux voyage chargé d'anachronismes, de violence et de féerie. Leur artwork consiste notamment à combiner habilité et souci extrême du détail, à l'aide de nouvelles technologies.
Historiquement, Ez3kiel naquit à Tours en 1994, mais Joahn Guilon (aux machines), Yann Nguema (bassiste et graphiste hors paire) et Matthieu Fays (batteur) ne se lancèrent vraiment dans leur vocation expérimentale qu'en 1997. Cependant, à cause de leur début, on rattache souvent ce groupe à la scène Dub, ce qui peut paraître discutable en vue de leurs dernières productions.


Il est donc impossible de résumer Ez3kiel en une chanson. Cette vidéo représente juste une bonne approche pour apprécier la symbiose entre l'univers graphique du groupe et sa musique, qui doivent être considérés tous deux sur le même plan. Ceci est donc plusieurs extraits de leurs vidéos utilisées pendant leurs concerts.



Ez3kiel_trailervideo30
envoyé par Djay-DeG1crew


En 2001 sort leur album 'Handle with Care' dans lequel leurs morceaux sont encore très proche du Dub. Cependant, avec des titres tels que "Strange Days" ou "Burning Dub", on sent naître l'orientation musicale qui se poursuivra et se confirmera dans l'album suivant 'Babary', sorti en 2003. Dans ce dernier, "Versus", le premier titre qui les a réellement lancés, agrémente leur Dub d'une nouveau style fait de dureté et d'expérimentations à vous cisailler les oreilles. On retrouve ce concept dans "Barbary" ou "Sûrement", où la beauté et la mélancolie se laissent facilement bousculer avec violence et barbarie par des sonorités hybrides et hypnotiques.
Puis arrive 'Naphtaline', véritable ovni multimédia, œuvre volontairement créée pour l'inclassable. Ce travail d'orfèvrerie est un chevron de leur vision artistique, dans lequel l'immersion de l'auditeur, chloroformée entre 2 berceuses ("Naphtaline"), hypnotisée par la féérie des images et l'ambiance plus feutrée, épurée et acoustique ("Le Lac des Signes"), se fait en douceur. Entre plages mélancoliques émaillées de crépitements Electro et envolées brutales ("Lethal Submission"), la magie opère.
Enfin sort 'Battlefield', dans lequel brûle un Rock Indus torturé ("Adamantium") pour nous laisser errer dans la solitude ("The Wedding") : un parfait compromis entre puissance ("Break or Die") et fragilité ("Lull").
L'élégante brutalité de leurs performances sonores et visuelles fait de ce trio tourangeau un des groupes les plus déroutants de la scène Electro française.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Wow.... Deux mois que j'avais pas écrit un article... On dira que la rentrée m'a pas mal occupé... '-_-
Promis à l'avenir j'essaierai de corriger le tir.. (si si)

Unknown a dit…

ah parce que ça fait deux mois que tu es rentré toi ? (air innocent)

Je plaisante

tache d'être plus régulier à l'avenir, c'est trop dur d'attendre deux mois entre deux perles !

Puis un blog tout jeune, faut le stimuler régulièrement, sinon les gens abandonnent...